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Entretien avec Eric Billhouet, actuel Président de l’ODG Cognac

Quel bilan faites-vous des actions de l'ODG au cours de la dernière mandature ?

 

Je fais un bilan assez positif. Nous avons résolu un certain nombre de dossiers avec l'INAO dans le sens de la restructuration du vignoble et de son suivi, avec les pieds manquants dans les vignes et notamment l’introduction de seuils de manquants dans le cahier des charges.

L'ODG est assez jeune et nous nous sommes rendus compte que des éléments du cahier des charges n'étaient pas en adéquation avec le plan de contrôle. Nous avons donc travaillé à sa mise en cohérence avec le cahier des charges. Nous avons inclus des mesures agroenvironnementales dans le cahier des charges Cognac, en conformité avec la règlementation de l'INAO, à savoir l'interdiction du désherbage en plein et des tournières, afin d'arriver à une maîtrise du désherbage sur la zone d'appellation. Ces propositions de l'INAO poussaient à l'engagement des ODG et nous avons su être précurseurs.

Nous avons évolué au sein de l'appellation puisque les contrôles internes étaient effectués, avec l'accord de l'INAO pour que des contrôleurs internes soient chez les grands négociants, et chez nos ressortissants. Afin d'être plus efficaces, les contrôleurs internes sont désormais intégrés à l'interprofession, et ne relèvent plus ni des maisons de négoce ni des bouilleurs de profession. Ils sont indépendants.

Nous avons par ailleurs fait un gros travail au sein de l'ODG sur la numérisation, sur la mise à disposition d'outils pour pouvoir sécuriser les processus de contrôle des données internes, où beaucoup de choses étaient faites manuellement. Nous avons mis en place pour un certain nombre d'outils pour faciliter l’accès aux documents de contrôle sur le site extranet du BNIC. Cela permet d'avoir des valeurs et des informations sécurisées, vérifiées, en corrigeant les approximations.

Au niveau technique et de la recherche, nous nous sommes penchés sur les variétés viticoles. L'INAO est en train d'évoluer, à la demande des ODG, pour passer d'un système d'expérimentation – notamment sur les cépages résistants – à un système allant vers davantage de partage et d’ouverture. Pourront expérimenter les nouveaux cépages tous ceux qui le demanderont, mais dans le respect d’un cadre fixé, offrant des retours plus importants sur les expérimentations menées.

De plus, au niveau de l'interprofession, nous avons souhaité intégrer la Certification Environnementale Cognac (CEC) qu'elle soit le plus vulgarisée possible. Il y a un gros travail pour accompagner la viticulture à aller vers cette certification, qui est plus demandeuse que la HVE, Haute Valeur Environnementale.

 

Quels sont les chantiers en cours et les priorités à fixer ?

Si je suis réélu, l'idée est de solliciter les forces vives de l'ODG pour qu'elles apportent aussi leur vision et leur travail dans de groupes rattachés à l’ODG, et qu'elles soient plus actives.

Aujourd'hui, l'ODG est souvent consultée en dernier lieu, pour un vote qui confirme des positions déjà discutées au sein de l'interprofession. Dans la mesure où l'ODG est une section du BNIC, autant utiliser ces forces vives à parité (68 viticulteurs et 17 négociants qui ont chacun 4 voix – soit 68 voix des deux côtés) pour travailler différents sujets propres au cahier des charges et au plan de contrôle, et dans la mesure où elles sont prêtes à s'impliquer. C'est quelque chose sur laquelle j'aurais aimé pouvoir convaincre, afin d'évoluer en ce sens.

Les enjeux sont importants, et nous devons continuer à travailler sur les expérimentations et les cépages résistants, mais aussi sur la distillation à la vapeur (lancée par Martell). Nous réfléchissons à l'intégrer à une expérimentation pour avoir un retour et puisse servir à l'ensemble de la profession. Il faut se lancer dans ces expérimentations avec une limite de surfaces (pour le vignoble) ou de volumes (pour les eaux-de-vie), pour une durée de 10 ans ou plus, afin que les volumes expérimentaux puissent être réintégrés et commercialisables, sans pénaliser ceux qui se sont investis.

Quand nous avons la chance d'avoir des professionnels proactifs pour travailler sur des évolutions, nous aimerions qu'ils fassent partie de ces expérimentations enregistrées, cadrées dans contrats tripartites avec l'ODG, l'expérimentateur et l'INAO, et permettant de réintégrer la production issue de l’expérimentation dans les volumes commercialisables.

Il y a un gros travail à faire sur des évolutions environnementales, même si Cognac et sa région font déjà partie parmi des plus concernés. C'est la région où il se vend le plus de pulvérisateurs confinés. Il faut l’intégrer, le partager et le faire savoir. Ce sera un enjeu important.

 

Évolution nombre de délégués ?

Ce n'est pas encore confirmé. C'est en discussion. C'est un souci d'efficacité et de miroir, par rapport à l'organisation de l'interprofession.

 

Pourquoi avoir introduit la possibilité d'un troisième mandat pour la présidence de l'ODG ?

Il y a eu une proposition pour un troisième mandat. On m'a demandé de le faire, et la modification a été acceptée par l'ODG et l'interprofession. C'était une continuité pour cette organisation un peu jeune, et permettant de poursuivre les projets ambitieux évoqués – notamment sur les aspects environnementaux.

L'ODG Cognac n'est pas uniquement présente dans la région cognaçaise, mais l'organisation discute avec les instances nationales et européennes. Elle est reconnue. Aujourd'hui, il y a une certaine complémentarité entre les postes que j’occupe à l'INAO [NDLR : Commission boissons spiritueuses] ou à la CNAOC [NDLR : vice-président] et mon rôle à l'ODG. C'est important de pouvoir porter l'esprit de l'ODG en local et en national. C'est mettre une cohérence entre ces différentes institutions. Nous devons travailler au-delà de notre région, et la promouvoir aux niveaux national et européen.

 

 

Titre : Elections ODG : entretien avec Anthony Brun, Président de l’UGVC

 

Chapô : A la suite de la venue du nouveau Préfet de la Charente-Maritime, Nicolas Basselier, le 16 septembre dernier, et sur invitation de l'UGVC, Anthony Brun a  expliqué la stratégie du syndicat de la viticulture quant aux prochaines élections de l'ODG Cognac.

 

L'UGVC a envoyé une liste fermée pour les élections de l'ODG. Lors des précédentes mandatures, les listes proposées étaient ouvertes. Pourquoi ce changement ?

Notre volonté première est d'assurer une représentativité forte de la viticulture, au travers de l’UGVC. Présenter une liste fermée de 68 candidats, soit autant que de postes de délégués à pourvoir, permet de sécuriser les candidats que nous présenterons. Cela n'empêche toutefois aucunement d'autres candidats de se présenter, ils ne pourront juste pas revendiquer l'appartenance syndicale UGVC.

 

Craignez-vous de nombreuses candidatures hors UGVC ?

Non, et si nous prenons l'historique récent, il est arrivé que des candidats libres soient représentés (un seul sur la dernière élection), probablement parce que nous avions, de notre côté, présenté plus de candidats que de postes. C’est dans ce contexte que la présentation d’une liste fermée nous est apparue être la meilleure solution. Ce choix est celui de notre Assemblée Générale, avec une liste composée de l'intégralité des 54 membres du Conseil d’Administration de l’UGVC et de 14 candidats viticulteurs supplémentaires, permettant d’arriver au total de 68 candidatures pour l’Assemblée Générale des délégués de l’ODG.

 

C’est une sécurisation pour ces élections ?

Il s’agit vraiment d’assurer la meilleure représentation possible de l'UGVC à l'ODG. Nous y avons réfléchi et cela nous est apparu comme la meilleure solution.

 

Comment définiriez-vous le rôle de l'ODG vis-à-vis de l'UGVC ?

L'ODG est le garant de la défense de l'appellation « Cognac », qui appartient fortement à la viticulture et au négoce. Dans ce cadre, il est vraiment important que nous puissions être le garant du bon fonctionnement de cet outil, et c'est pour cela que l'UGVC doit être représentée. La présidence de l’ODG étant exclusivement viticole, elle reviendra, théoriquement, à un délégué de l'UGVC si nous gagnons les élections. La défense et la promotion de notre appellation est une priorité absolue pour notre syndicat.

 

Quel a été l’état des relations entre la viticulture et le négoce au cours des derniers mois ?

Le contexte sanitaire a conduit à ce que nous n’ayons pas autant d’occasions de rencontres que dans un contexte normal. Toutefois, nos échanges sont toujours aussi bons. J’en veux pour preuve la participation, le 16 septembre dernier, d'un représentant de la viticulture, en la personne de Christophe Forget, Vice-président du BNIC et Président de la Fédération des interprofessions du Bassin viticole Charentes-Cognac accompagné de Patrick Raguenaud, Président du BNIC, pour défendre le maintien du régime des autorisations de plantation après 2030, à Paris dans le cadre de la conférence de presse organisée par le SGV Champagne. Le partage, l’écoute attentive et la qualité des échanges entre nos deux familles sont toujours aussi bonnes.

 
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